VERT L'AVENTURE PLEIN AIR

(textes de Mario Lacourcière)

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NÉANT DE CULTURE

Je naquis dans un vase clos
Ne me doutant pas que le monde
Soit si vaste et liquide

Néanmoins j'entrepris les multiples horizons
Stimulé par l'aventure
 Mes neurones s'édifièrent de conquêtes sensorielles
Dans une vaste dérive de rêves et de tragédies

Mon regard naissant éclaira un monde en friche
Mon esprit tentaculaire et intransigeant 
S'illumina allègrement
M'abreuvant d'essences primaires
Me révélant de latentes convictions

Je reconnu mes envies d'abnégation
Pressantant le début du non-retour

Cette passionnante créativité s'exprima
D'un éclat de lucidité et d'extase
M'engageant à reprendre mon pouvoir
En me créant somptueusement

D'étranges et viscérales illusions
Seront mises à contribution
Je reprends la place qui m'a été offerte
Au lever de ce jour périmé

Mon lit est vaste comme un empire
Ma chambre est belle comme le jour de ta fête
Je reconnais les forces qui m'habitent
 Malgré la souffrance qui m'abrutit sans cesse

Retrouve ami invisible ta véritable nature
Celle qui nourrit ton âme vagabonde
Cesse cette édifiante trahison

Étreins ton amour éternel, peut importe sa direction
Cette poésie émerge enfin pour éviter de mourir
Pour éviter de périr trop tôt





Partir Ailleurs

Les âmes m’appartiennent dénudées
Acharnées de mieux-être, intelligences frêles
J’entends les complaintes inconnues
Les horloges taisent mes gloires artificielles


Jamais je n’aurais cru, jamais je n’aurais vu
Ces incroyables formes glissant vers l’absolu
Devant lesquelles je pourrais réapparaître
Dans une lumière somptueuse et convaincante

Périr les bras croisés, mauvais destin
Ma volonté ne me reconnaît plus, amputée du verbe aimé
Mourir est remis à demain, j’ai du travail à accomplir
Un être à réalisé, immatériel pour le moment
Artiste insatisfait, n’invoquant pour le moment que le trône des vaincus

Un autre monde veut ressurgir
Ignoblement plus beau que le mien
Restitué de ténacité, teinté d’obscurité
Addiction du non-retour je m’y délecte


En attendant je survole dans ma crasse immonde
Les années latentes de peur et d’abstraction
J’émets des mots sans les reconnaître
Cherchant à maîtriser mes dépressions constantes

J’ose conjuguer l'espoir sur cette terre infâme et belle
Je revendique le droit de m’exprimer, le droit de me libérer
Identifiant tant de mots et d'errances malmenées
Adepte de la distraction futile, je me reconnais

Mon salut est de vous écrire, de vous dire

Bien des orages sont prévus aux prochains jours, je me fous des prévisions
Le courage l’emportera avec son lot de rêves et de convictions




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Promenade

Les gens s'enlacent sur l'autoroute
Suivant de près les panneaux suralimentés d'indications
Ils se dissipent à l'intérieur d'une boucle et ne cessent de tournoyer


On dirait qu'ils existent mais ne font qu'accélérer leurs doutes
D'avoir trop trimballé et plus ils avancent
Et plus ils dégénèrent dans le fond d'une brèche intermittente

Je marche le long de l'autoroute
Levant mon pouce aux moteurs d'acier et personne ne reconnaît mon nom
On demande ma direction, sud je leur réponds, cela m'évite des pourparlers
Et je m'enterre de bières salées mêlées de douces musiques country


Le long des autoroutes je casse la croûte
D'un doute amer qui m'a toujours habité
Seul sur l'autoroute je pleure mes simagrées



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Mascarade

Il m'appartient de vous écrire ces quelques mots
Ou plutôt de vous exprimer ces remords millésimes
Que de vignes se pressent et dégouttent sous le joug de votre présence
Je guette l'image sournoise de vos traits

Et prête volontiers un masque à votre visage
Pour que me trompent point vos grimaces moribondes
Que d'espace restreint à vibrer mes peines dans la noirceur d'ici


Que dirais-je sinon que pour m'apaiser je me console en me disant
Que de misères semblables s'entretiennent ainsi
Quelques lignes pour lire Félix et copier son île
J'aimerais cette nuit signer un pacte
Avec tous les artistes vivants et ayant vécu
Et célébrer avec eux l'éternelle complainte de la vie paradoxe

Rien ne m'affecte autant que la beauté toute nue
Du chant enfreint de douceur et du dessin simple et révélateur
Des yeux, des bouches s'harmonisent avec leurs couleurs respectives
Alors que tout mon être s'enracine du poète et du jouisseur




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Banquise

Tes jambes bavardes distraites de leurs pas le sol méprisé
Les parfums errants succombent sous l'haleine d'une époque assimilée
Chaudes esquisses aux teintes imagées
Automate pétrifié, exil inutile
Chemins d'asphalte du pays lessivé

Breuvage de soif, la faim se presse
Les désirs s'emboitent agressifs, volubiles
La règle perd son jeu d'être seule à régler
Le doute de n'avoir fait que passer

J'ai vu le pays du soleil de minuit
J'ai vu des pays dévoilés leurs ombrages
Bien des repères sont identiques et contrariés

L'acteur gèle sur la banquise, prêtez-lui attention



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Promiscuité

Ma plume dégoutte ici et là
Son sang refait le monde
3,000 ans de traductions
20,000 années d'obscures destinations
Pour découvrir des jeux d'enfants
Des jardins de guerre
Pour boire de la bière et humer ses amères illusions
Et parmi les chants de gloire et les chanteurs populaires
Surgis le doute perçu dans les larmes du non-retour




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Poursuite

Je vois la musique, j'entends le paysage
Complice d'une caresse d'un lieu qui nous blesse
Et qui songe aux torrents d'amertume du pays jadis flamboyant?
Chienne de vie que ratons-nous?
Sauf cette envie de la faim


Sur ton visage perplexe se jouent l'espoir et l'enjeu
Trahis-toi rien qu'un moment tu sentiras la source des vents
Il t'appartient d'ériger des lieux communs
Afin de jouir ou de t'enfuir




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